Partager l'article ! La Rêveuse d'Ostende, d' Eric-Emmanuel Schmitt: Pour un premier contact avec Eric-Em ...
Pour un premier contact avec Eric-Emmanuel Schmitt, j' avais choisi La Rêveuse d'Ostende pour son titre, ne me doutant pas une seule
seconde qu'il s'agissait d'un recueil de 5 nouvelles, ou plutôt de 5 histoires. Et moi, les mini machins ça a jamais été mon truc.
Bon, force est de constater que j'ai passé de bons moments: pas de là à hurler ô chef d'oeuvre, mais je le retrouvais chaque soir avec plaisir ! Passons ces mini romans en revue:
* La Rêveuse d'Ostende a ce qu'il faut de fantasmagorique pour nous emporter dans la folle rêverie d'Emma; beaucoup de finesse et d'humour dans l'écriture. dommage que la fin soit si prévisible...
* Crime Parfait est probablement mon histoire préférée: Gab et Gaby formaient un couple parfait jusqu'à ce que Gabrielle ait le "déclic" et décide d'en finir avec sa moitié...
* La Guérison m'a aussi beaucoup plu: Stéphanie, infirmière à l'hôpital de la Salpêtrière est une vieille fille, moche et aigrie; quand son chemin croise celui du sublissime Karl, aveugle à la suite d'un terrible accident, c'est tout un univers qui bascule!
* Les Mauvaises Lectures de Maurice Plisson, professeur d'Histoire en classes préparatoires sont justement celles que nous adorons: les fictions; pire que tout, il y a les thrillers auxquels notre ami Maurice nourrit une véritable haine: mais tel est pris qui croyait prendre et La chambre des Noirs Secrets du cultissime Chris Black va l'entrainer sur de bien sombres entiers...
* Pour ce qui est de La Femme au Bouquet, je ne suis mais alors pas du tout convaincue; c' est l'histoire d'une femme qui a un bouquet et qui passe ses journées à attendre quelqu'un sur un quai de gare.... et pis c'est tout! Na! ( Bon, j'exaggère et je n'ai sans doute pas perçu la fulgurance du truc mais voilà...).
Posons nous deux minutes et réfléchissons, un tout petit peu promis à ce qui peut faire la cohérence de ce recueil: les histoires ici rassemblées mêlent invariablement Amour et Mort ( " et l'amour et la mort ont l'amer en partage" comme disait l'autre ( mon antique prof de litté de Khâgne ou était-ce Saint John Perse?)); Eros et Thanatos, rien de nouveau sous le soleil mais ça marche toujours.
Vous l'aurez compris, j' oppose quelques petits bémols à ce premier Schmitt qui se laisse bien lire tout de même: d'une part la prévisibilité du dénouement des trois quarts des histoires, d'autre part le fait qu'elles ne soient pas toutes de la même qualité. Qu'en ont pensé mes complices de Lecture Commune? Foncez chez Amimaginaire, Korto, Melidsende, Kactusss, Nathalie,et Yogi pour le découvrir!
Le Pitch de La Rêveuse d'Ostende ( quatrième de couverture ):
Pour guérir d'une rupture sentimentale, un homme se réfugie à Ostende, ville endormie face à la mer du Nord. Sa logeuse, Emma van A., une femme solitaire vivant parmi ses livres et ses souvvenirs, va le surprendre en lui racontant l'étrange histoire de sa vie, où se conjuguent l'amour le plus passionné et un érotisme baroque. Le récit s'avère si surprenant que l'homme, doutant de sa véracité, va enquêter pour déterminer ce qui tient de la réalité ou du fantasme...A-t-il affaire à une superbe mystificatrice ou à une femme unique ? Jusqu'à la fin, il ira de découvertes en découvertes.
L'Appetizer de Crime Parfait:
Dans quelques minutes, si tout se passait bien, elle tuerait son mari.
Le sentier sinueux s'amincissait d'une façon périlleuse cent mètres en amont, surplombant la vallée. A ce point de son flanc, la montagne ne s'épanouissait plus en pente mais se raidissait en falaise. Le moindre faux pas se révèlerait mortel. Rien pour que le maladroit se rattrape, ni arbres, ni buissons, ni plate-forme; ne dépassaient du mur rocheux que des blocs pointus sur lesquels un corps se déchirerait.
The Blogger's selection de La Rêveuse d'Ostende ( p.69.70):
- Comment supportiez-vous qu'il vous trompe?
- Facilement: c'est moi qui choisissait ses maîtresses.
-Pardon?
- Vous m'avez très bien entendue. Je choisissais les femmes avec lesquelles il avait une aventure.
- Il acceptait?
- C'était ma condition. Je n'admettais le partage que si je décidais avec qui je partageais. Comme il était fou de moi, il avait consenti.
- Comment choisissiez-vous ses maîtresses?
-Toujours très belles.
- Ah bon?
- Très belles et très gourdes. S'il n'y a pas dix façons d'être belle, il y a mille façons d'être gourde, gourde parce qu'on a pas de conversation, gourde parce qu'on a la causette ennuyeuse, gourde parce qu'on ne s'intéresse qu' à ce qui excite les femmes pas les hommes, gourde parce qu'on se croit plus intelligente qu'on ne l'est, gourde parce qu'on rumine une idée fixe. Mon pauvre Guillaume, je l'ai inscrit à une visite complète au pays des gourdes!